janvier 28, 2020

l’impact du coronavirus COVID-19 sur le tourisme en afrique

Le mot tourisme désigne le fait de voyager pour son plaisir hors de ses lieux de vie habituelle, et d’y résider de façon temporaire, mais aussi un secteur économique qui comprend en plus de l’hôtellerie l’ensemble des activités liées à la satisfaction et aux déplacements des touristes.

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Le voyage d’agrément existe depuis l’Antiquité mais le tourisme apparaît à partir du XVIIIe siècle en Angleterre avec le développement du Grand Tour, grand voyage. En 1803, le terme « touriste » apparaît dans la langue française, désignant des voyageurs parcourant des pays étrangers avec d’autres buts que les affaires, l‘exploration scientifique ou le prosélytisme religieux, avant de revenir chez eux.

 En 2000, quatre organisations internationales donnent une définition commune au terme : « Le « tourisme » comprend les activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non liés à l’exercice d’une activité rémunérée dans le lieu visité. »1.

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Entre l’art d’être touriste et un secteur économique devenu majeur, ses représentations varient, tant par le nombre d’acteurs concernés, que ses lieux ou formes de pratiques, du tourisme de santé, balnéaires, de montagne, récréatif, sportif, culturel et de (patrimoine) au tourisme vert (paysages et écosystèmes…), etc.

Il profite de nouveaux modes de transport, du développement de l’hôtellerie et de la restauration, utilisant des infrastructures existantes ou les créant pour ses besoins (stations touristiques…). Depuis les années 1990 et la prise de conscience environnementale, une nouvelle forme de tourisme se présente comme respectueuse de son environnement sous le nom de tourisme durable, mais en fait le tourisme est par principe tout le contraire puisque les moyens de transports gaspillent de l’énergie, et que c’est une entreprise de déracinement qui détruit les cultures et les environnements locaux, gaspille des ressources, rejette des déchets, altère les paysages, exploite les mains-d’œuvre locales. En 2018, le tourisme représente environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre avec environ 4,5 gigatonnes/an d’équivalent-dioxyde de carbone introduit dans l’atmosphère (4 fois plus que ce qui avait été précédemment estimé)2.

« L’augmentation du niveau de vie permet de voyager »

Le développement du tourisme est lié à la facilitation des transports aériens et à l’apparition des classes aisées et moyennes des pays occidentaux (Europe et d’Amérique du Nord), plus récemment des pays émergents (Chine, Inde ou Brésil) ; l’augmentation du niveau de vie permet dans ces régions et l’obtention de congés de consacrer plus de temps et d’argent aux loisirs, notamment au tourisme.

Le tourisme en Afrique représente une importante activité économique. La particularité touristique de l’Afrique réside dans la grande variété des points d’intérêts, la diversité et la multitude de paysages ainsi que le riche patrimoine culturel.

En 2013, le tourisme africain représente 4 % du tourisme mondial3. Toutefois, il attire de plus en plus de visiteurs, comme le démontrent les chiffres de 2013, qui enregistrent 200 000 visiteurs de plus. Le secteur représente 7,1 % des emplois sur le continent, avec 20 millions de travailleurs dans le domaine. Il est considéré comme un moteur de croissance économique pour le continent par la Banque mondiale4. En 2017, le Forum économique mondial classe l’Afrique du Sud comme le pays le plus compétitif dans le secteur 5.

L’Afrique a accueilli 57,8 millions de touristes en 2016, soit 4,4 millions de plus qu’en 2015, apportant 34,8 milliards de dollars de recettes touristiques. Cela représente seulement 5 % du total de voyageurs dans le monde, mais leur nombre pourrait atteindre les 134 millions en 2030, estime l’Organisation mondiale du tourisme dans son rapport annuel publié 15 août 2017.

Après l’Afrique du Sud et le Maroc, le Rwanda s’impose comme troisième destination du continent avec 1,2 million de visiteurs par an en se positionnant sur le haut de gamme et le tourisme d’affaires. Les plus fortes progressions sont Madagascar (+20 %), le Kenya (+ 17 %), la Tanzanie (+ 16 %), le Cap-Vert (+15 %), l’île Maurice (+11 %), les Seychelles et l’Afrique du Sud (+ 10 %) alors que le Maghreb repasse dans des valeurs positives grâce à une amélioration de la sécurité des voyageurs6.

« Aux origines ce fut d’abord du tourisme colonial »

Un exemple de développement d’un tourisme dans les colonies est le cas au Maghreb à la fin du XIXe siècle favorisé par le Grand Tour des aristocrates à partir du XVIIe siècle, les voyages des intellectuels et artistes au XVIIIe siècle et puis par les autorités impériales qui suscitent la curiosité et le goût de l’exotisme.

Ces autorités, par l’intermédiaire d’organisations publiques ou d’institutions privées (Touring club de France, syndicats d’initiatives, compagnies transatlantiques comme la Compagnie générale transatlantique, compagnies ferroviaires comme la PLM), mettent en place des Comités d’hivernage, font construire des hôtels, casinos, théâtres, routes, des stations touristiques, publier des guides, préserver le patrimoine local (souks, mosquées).

 Elles s’en servent de propagande pour glorifier la colonisation, voire favoriser la venue de nouveaux colons. Après la crise de 1929, ce tourisme naissant décline au profit du « tourisme intérieur » des fonctionnaires coloniaux et du tourisme plus populaire (notamment les adhérents de l’association Tourisme et Travail de Jean Faucher, de l’association touristique des cheminots qui prennent leurs congés avec les comités d’estivage). Les autorités créent parallèlement des institutions ad hoc (OFALAC6 ) en Algérie, Lotus (en Tunisie) pour développer économiquement ces territoires colonisés,  en multipliant les parcs nationaux d’Algérie.

Après la Seconde Guerre mondiale, avec le développement du tourisme de masse, sont mises en place des actions concertées de développement touristique8.

« Les belles surprises du tourisme africain »

Le monde n’a jamais autant voyagé. D’après les dernières conclusions de l’Organisation mondiale du tourisme (UNTWO), le nombre de touristes a connu une hausse de 6 % en 2018, soit 1,4 milliard de voyageurs, ce qui fait du secteur « un des moteurs les plus puissants de la croissance et du développement mondial », avait déclaré il y a quelques mois le secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili.

La dynamique, de plus en plus forte chaque année, s’exporte en Afrique. En 2017, le continent a accueilli sur son sol 67 millions de visiteurs, d’après le dernier rapport sur le sujet publié par Jumia Travel fin septembre (9). Le chiffre, en hausse de 7 % par rapport à 2017, fait de l’Afrique la deuxième région du monde où la croissance du secteur est la plus forte, après l’Asie-Pacifique.

« L’émergence du tourisme local »

Un engouement qui s’explique d’abord, selon les transporteurs et voyagistes africains, par des réformes dans le secteur, notamment celles qui concernent l’attribution des visas.

En assouplissant leurs règles sur le précieux sésame, le Rwanda et l’Éthiopie ont boosté les arrivées. La croissance du tourisme dans le pays est en 2018 la plus forte d’Afrique, à 48,6 %. L’Afrique du Sud, elle, a validé l’exemption de visas pour les visiteurs en provenance d’Angola et du Ghana. Autre exemple : l’East Africa Visa, un document à faire en ligne qui permet de visiter trois pays, l’Ouganda, le Rwanda et le Kenya.

Des politiques dédiées, comme « l’année du retour au Ghana » – douze mois pendant lesquels sont organisés des événements pour commémorer le premier bateau d’esclave arrivé en Virginie il y a quatre siècles – booste aussi le secteur. Toutes ces mesures font émerger de nouvelles formes de tourisme. De plus en plus, l’Afrique accueille des touristes locaux et des visiteurs de la diaspora.

 Aujourd’hui, le tourisme local fait partie du tableau et les Africains voyagent beaucoup plus qu’il y a 15 ans. 

il est encore trop tôt pour évaluer avec précision l’impact du COVID-19 dit coronavirus sur le tourisme en Afrique. affaire à suivre

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