février 2, 2020

Abidjan, Côte d’Ivoire : état des ressources naturelles

par IFN pour Monaco Resources Group Abidjan

La Côte d’Ivoire fait partie des économies en voie de développement. L’indice de pauvreté atteint 48,9 % en 2008.

Depuis l’instauration du commerce triangulaire lors des premiers contacts avec les explorateurs européens, l’économie est dominée par l’exportation de produits dits de rente ; en particulier, le café et le cacao, dont la culture a été introduite au début du 20ème siècle, ont fortement contribué au « boum ivoirien » des années 1960-1970 (la Côte d’Ivoire est toujours le premier producteur et exportateur mondial de cacao).

Si l’économie ivoirienne repose à titre principal sur le secteur agricole que favorise un climat chaud et humide, l’apport de l’industrie au PIB est évalué à 20 % et celui du secteur tertiaire à 50 %. La Côte d’Ivoire possède de plus quelques réserves de pétrole non négligeables pour son économie. Elle possède aussi quelques ressources minières mais dont la production reste très mineure. Elle produit en outre de l’électricité, dont une part est revendue aux pays voisins.

monaco resources group mrg niger congo abidjan
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Les progrès constatés au cours des quinze premières années de l’indépendance ont fait place à une longue période de récession, favorisée par la chute des cours mondiaux des matières premières agricoles (café-cacao) et aggravée par divers facteurs dont la crise politico-militaire déclenchée en 2002.

La Côte d’Ivoire reste toutefois un poids économique important pour la sous-région ouest-africaine : elle représente 39 % de la masse monétaire et contribue pour près de 32 % au PIB de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) selon les statistiques 2013 de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

« Des diamants et de l’or »

La production de diamant en Côte d’Ivoire commence en 1948 par le gisement de Tortiya étendu sur 188 ha avec une réserve estimée à 830 000 carats.

 L’exploitation de ce gisement est confiée à la Société anonyme de recherches minières en Côte d’Ivoire (Saremci) qui, dès la première année obtient une production de 36 000 carats et voit sa production augmenter régulièrement pour atteindre son point culminant en 1972 avec 260 000 carats.

Le déclin consécutif conduit à la fermeture de la mine en 1975 et à celle de l’entreprise en 1976. Malgré tout, le gisement de Tortiya a constitué à son époque la principale ressource minière du pays(1).

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À côté de cette expérience qui constitue la plus importante opération de production de diamant en Côte d’Ivoire, et parallèlement à elle, d’autres travaux d’exploitation de gisement se développent dans la région de Séguéla. Ceux-ci sont entrepris d’abord par la Compagnie minière du Haut-Sassandra (Sandramine) en 1949 puis repris par la Société diamantifère de la Côte d’Ivoire (Sodiamci) en 1956. Cette autre initiative dont la production annuelle n’est jamais allée au-delà de 25 000 carats prend fin en 1971 avec la fermeture de la Sodiamci.

Bien que l’extraction industrielle du diamant soit arrêtée, une exploitation artisanale se poursuit aujourd’hui à Séguéla et Tortiya, situés dans la zone contrôlée par la rébellion ivoirienne.

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Ainsi l’ensemble de la production nationale de diamant s’effectue sous le contrôle de la rébellion ivoirienne avec des résultats assez controversés. Jugés maigres, voire dérisoires par certains observateurs(2), ces résultats sont évalués par l’organisation Global witness au chiffre record de 300 000 carats avec un revenu annuel du trafic lié à cette activité, estimé par le ministre ivoirien des Mines et de l’Énergie à plus de 25 millions de dollars (40 milliards de FCFA)(3),(4).

 En 2008, la Côte d’Ivoire reste cependant le seul pays sous embargo de l’ONU pour l’exportation du diamant en raison de la crise que connaît ce pays(5),(6).

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L’or, extrait au moyen de techniques traditionnelles par les peuples de Côte d’Ivoire dès avant l’accession du pays à l’indépendance, constitue la deuxième ressource minière exploitée d’un sous-sol qui recèle beaucoup d’autres minerais comme le fer, le nickel, le manganèse, la tantalite, la bauxite, le cuivre, le gaz, l’uranium, le cobalt, le tungstène, l’étain, l’iléite et les pierres ornementales.

 Toutefois, un seul gisement, géré par la Société des mines d’Ity (SMI) est en exploitation industrielle. Quatre autres gisements sont en exploitation artisanale par des organisations Coopératives à IssiaAngovia, Angbaoua, et Kokumbo. Plusieurs sociétés non nationales détiennent des permis d’exploitation de mines d’or. Malgré la crise que traverse le pays, la production globale d’or connaît une hausse entre 2004 et 2005. Le pays reste cependant un producteur assez marginal d’or, sa production annuelle moyenne étant estimée à 1,5 t(7) très loin derrière les 26 t(8) du Ghana ou les 38 t(9) de l’Afrique du Sud.

«Peu de réserves de pétrole »

Avant la découverte, dans les années 1970, de gisements de pétrole et gaz exploitables, le pays assurait par des importations la couverture de ses besoins nationaux en produits pétroliers finis.

Aussi, pour mieux bénéficier des gains de valeur ajoutée liés à la transformation du pétrole brut, l’État ivoirien importa, à partir de 1965, des quantités de plus en plus importantes d’hydrocarbures, traités intégralement par la Société ivoirienne de raffinage (SIR) créée en octobre 1962 et ayant une capacité de raffinage de 3 500 000 tonnes par an, soit 70 000 barils par jour(10).

Cette nouvelle situation fit baisser, de façon considérable, le taux d’importation de produits finis du pays. Celui-ci s’identifiait, de ce fait, comme un pays tourné vers la raffinerie plutôt que la production du pétrole.

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Le pays disposait pourtant de réserves de pétrole brut estimées à 100 millions de barils(11). Le groupe EssoShell est à l’origine de la découverte de ce pétrole et de ce gaz exploitables. Dans son sillage, des concessions d’exploitation sont accordées à plusieurs autres grandes compagnies pétrolières par le gouvernement ivoirien.

 Cependant, à travers la société d’État Petroci (Société nationale d’opérations pétrolières de la Côte d’Ivoire), l’État ivoirien demeure propriétaire des gisements découverts et prend des participations au sein de divers groupes.

En 2005, avec 3,9 millions de tonnes, le sous-secteur de l’hydrocarbure traduit son dynamisme par une hausse générale, la plus importante du secteur industriel.

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 La production de pétrole, grâce au champ « Baobab » du bloc CI40, atteint le niveau de 80 000 barils par jour à fin mars 2006 permettant ainsi de couvrir largement la consommation journalière estimée à 25 000 barils.

La production de gaz quant à elle s’établit à 1 742,3 millions de m³. La même année, les exportations de produits pétroliers augmentent de 22,6 % pour se chiffrer à 3 242,1 millions de tonnes(12).

Au total, en 2008, avec 50 000 barils par jour en moyenne, la Côte d’Ivoire ne peut être considérée comme un producteur stratégique de pétrole en Afrique comparativement à la Guinée Équatoriale (300 000 barils par jour), à l’Angola (1,5 million par jour) ou encore au Nigéria (2,3 millions de barils par jour)(13).

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« La Côte d’Ivoire protège ses ressources »

La Côte d’Ivoire est affligée de conflits et d’instabilité depuis la crise post-électorale de 2010, ouvrant la voie à des mois de violence et de troubles. Aujourd’hui, ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui abrite la plus importante biodiversité de la région, qui regorge de vastes gisements de minéraux et qui tire d’importants revenus des exportations de cacao, cherche à établir une feuille de route pour la consolidation de la paix et son redressement économique.

 La feuille de route vise à apporter des réponses à la problématique de la gouvernance de l’environnement et des ressources naturelles à l’échelle nationale, condition préalable au développement durable et à la prévention des conflits.

En 2013, le Gouvernement ivoirien, par le biais de son ministère de l’Environnement et du développement durable, a invité le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) à entreprendre une Évaluation environnementale post-conflit  afin de procéder à des analyses systématiques et quantitatives de l’environnement et des ressources naturelles grâce à la télédétection, à l’échantillonnage environnemental et à l’évaluation institutionnelle.

 pascale younes de monacoreources group prévient Le PNUE s’est penché également sur les liens entre les ressources naturelles et les conflits, à commencer par les liens historiques et ceux qui pourraient éventuellement se créer à l’avenir.

Le PNUE entend déterminer comment transformer la gestion des ressources naturelles en opportunités de consolidation de la paix et de développement durable sans créer de nouvelles sources de tension ou nuire à l’environnement. Il évaluera également les questions transversales que sont le changement climatique, les autres risques de catastrophe et la parité hommes-femmes.

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Notes et références :

  1. Rougerie, 1978 (p.622, 623)
  2. Côte d’Ivoire : à la recherche du dernier diamant
  3. Côte d’Ivoire, les diamants de la guerre des Forces Nouvelles
  4. Embargo sur les diamants ivoiriens
  5. Résolution adoptée par le Conseil de Sécurité en 2005
  6. Diamants de conflits et processus de paix en Côte d’Ivoire
  7. La Côte d’Ivoire en chiffres, 2007, p. 107
  8. Afriqueplanète.com
  9. Les Echos
  10. La Côte d’Ivoire en chiffres, 2007, p. 106
  11. MBedi/Côte d’Ivoire : Oil and gas
  12. La Côte d’Ivoire en Chiffres, 2007, p. 105
  13. Christophe Koffi : « Pétrole : la Côte d’Ivoire, futur pays pétrolier ? », Marchés africains, 2008, p. 77

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